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Three Stories

Photographies: Pieter Hugo, Mikhael Subotzki, Paolo Woods

 

Textes: Marguy Conzemius, Michèle Walerich

 

Editeur: CNA

 

Format: 11,5 x 15 cm - 72 pages  - relié

 

Langues: français, anglais

 

Année: 2009

 

 

Trois histoires …

 

présentées par deux photographes africains de la génération post-Apartheid et un photographe néerlando-canadien, cherchant à donner une visibilité aux habitants, à la complexité et aux nuances de la culture africaine, tel est le sujet du présent livre. Les jeunes auteurs ne veulent pas apporter un jugement aux situations qui se présentent devant leurs objectifs, mais ils souhaitent dévoiler des faits marginaux, donner un sens aux valeurs, conditions, objets et incidents de la vie de tous les jours, tout en gardant un regard politique sur l’évolution du monde qui les entoure. Voulant se distancier du photojournalisme traditionnel, mésestimant les règles des mass média et refusant l’application des clichés qui collent à l’image de l’Afrique et qui sont répandus depuis la période du colonialisme et de l’Apartheid, ils s’inspirent de l’approche photographique d’un David Goldblatt, d’un Roger Ballen ou d’un Guy Tillim. Plutôt que de parcourir le continent en « shootant » - en passant - des moments instantanés, ils nouent des relations personnelles avec leurs modèles, travaillent sur des périodes de temps importantes, s’arrêtent sur les situations calmes et secondaires, basculent entre la photographie documentaire et la photographie artistique et font recours au portrait et à la mise en scène.

 

A côté de ces caractéristiques communes, il importe de soulever certaines particularités de ces trois travaux photographiques :

Pieter Hugo se sert des contrastes et des oppositions entre urbain et sauvage, affection et brutalité, beauté et atrocité, qui créent une dramaturgie émise par les protagonistes eux-mêmes et non par leurs actions. De par cette approche il élimine tout fait spectaculaire, réussit à donner une importance au non-visible et dévoile une autre – une nouvelle – image de l’Afrique, qui n’est plus celle d’un pays ravagé par la guerre, la famine ou celle d’une coulisse « safariesque » splendide.

Mikhael Subotzky joue avec les couleurs et la luminosité (les prises de vue de la ville sont souvent ternes et obscures, celles de la prison sont tenues dans des couleurs vives et avec une plus grande luminosité). Ainsi son discours provoque une tournure inattendue … par exemple, la vie derrière les barreaux semble – contrairement à ce qu’on pourrait attendre - meilleure que celle des habitants défavorisés de Beaufort West. Par ces moments inattendus et surprenants, il réussit à

faire monter à la surface des personnes et situations dont les mass média ne parlent pas.

Paolo Woods, le seul des trois photographes, qui n’est pas originaire d’Afrique, oppose deux cultures : celle des travailleurs et investisseurs chinois, qui viennent en Afrique pour y réaliser leur « American Dream » à celle des Africains, qui attendent une vie meilleure de cette nouvelle forme de colonisation. Il réalise des portraits – souvent mis en scène, semble-t-il, et à caractère d’icônes, dotés d’un symbolisme marquant – et les oppose à des photographies à caractère documentaire. Les portraits mettent en avant la cohabitation afro-chinoise et leurs conséquences, phénomène que

les mass média négligent lorsqu’ils évoquent le sujet.

La diffusion des trois histoires se fait à différents niveaux. Pieter Hugo et Mikhael Subotzky, représentés par une galerie et une agence de photographes, voient leurs oeuvres présentées dans des musées, galeries, à des festivals renommés ou dans des publications d’art. Paolo Woods, qui s’est associé à un journaliste pour la réalisation de son travail, a choisi de publier ses oeuvres dans des magazines et des enquêtes journalistiques. De par ce fait, il accepte que ses photographies adoptent le statut d’illustration. Mais par cette forme de propagation, il réussit à toucher un public

très large ne provenant pas exclusivement du monde de la photographie ou de l’art, lui permettant ainsi de sortir le sujet à plus grande échelle de sa marginalisation. Les approches stylistiques et thématiques, qui mènent à ce recueil de récits, se rejoignent à plusieurs reprises, mais chaque photographe – en infiltrant sa vision personnelle, son expérience et

son engagement – crée son propre univers et son propre discours. En laissant derrière eux les images choquantes - qui de toute façon ne touchent plus faute de les avoir trop vues - pour faire passer un message, ils cherchent plutôt à adopter un nouveau langage photographique par lequel ils surprennent le spectateur et l’incitent à observer plus judicieusement, à s’interroger et à se remettre en question.

Marguy Conzémius

 

 

Informations supplémentaires

 

Pieter Hugo – The Hyena and Other Men

The Hyena and Other Men est l’histoire d’hommes qui, accompagnés de hyènes, de pythons et de babouins, gagnent leur vie en faisant des spectacles de rue, face aux foules et qui vendent de la médecine traditionnelle. Captivé par une image découverte dans un journal sud-africain représentant des hommes avec leurs hyènes dans les rues de Lagos au Nigeria, Pieter Hugo décida d’aller à leur rencontre. Quelques semaines plus tard, accompagné d’un reporter local, il les rejoint à la périphérie de Abuja, dans un bidonville, pour partager leur route et mieux connaître leur univers fascinant. Peu à peu, il fait la connaissance des marchands d’animaux, de leurs rites traditionnels, et essaie de les photographier au quotidien. Il se rend compte que ce qui l’intéresse dans le sujet, c’est l’hybridation de l’urbain et du sauvage, et la relation paradoxale, parfois très affectueuse, parfois cruelle et brutale, que les marchands entretiennent avec leurs animaux.

A travers les portraits extraordinaires de cette existence marginale, pris à deux ans d’intervalle (2005 et 2007), nous est révélé un monde qui se caractérise par des relations complexes et des interdépendances, un monde qui fluctue entre traditions, mythes et modernité, domination et soumission.

 

Biographie

Pieter Hugo est né en 1976 et a grandi au Cap, en Afrique du Sud. En 2002/03, il a été artiste en résidence pendant deux ans à Fabrica, à Trévise en Italie. Il a été inclus dans l’exposition ReGeneration : 50 Photographers of Tomorrow, 2005-2025 (Musée de l’Elysée, à Lausanne, et Aperture, à New York), il a remporté le premier prix dans la catégorie Portrait du concours World Press Photo en 2006, et a été le récipiendaire du Standard Bank Young Artist for Visual Art en 2007. En 2008, Pieter Hugo a été le lauréat du prix KLM Paul Huf Award et a obtenu le prix Découverte aux Rencontres de la Photographie d’Arles.

Expositions personnelles : Galerie Michael Stevenson, Le Cap ; Galerie Yossi Milo, New York ; Extraspazio, Rome ; Galleria Nazionale d’Arte Moderna, Rome ; Fabrica Features, Lisbonne ; Galerie  Bertrand & Gruner, Genève ; Galerie Stephen Cohen, Los Angeles ; FOAM Fotografiemuseum, Amsterdam et Galerie Warren Siebrits, Johannesburg.

Son dernier travail en date Nollywood est présenté cette année à la Galerie Michael Stevenson.

Expositions collectives récentes : 27e Biennale de São Paulo (2006) Street : Behind the cliché Centre d’Art contemporain Witte de With, Rotterdam (2006) ; Lumo ’07 – ‘Us’, Triennale Internationale de Photographie, Finlande (2007) ; An Atlas of Events Fondation Calouste Gulbenkian, Lisbonne (2007) ; Faccia a Faccia : Il nuovo ritratto fotografico FORMA, Centro Internazionale di Fotografia, Milan (2007) ; Street & Studio : An urban history of photography à la Tate Modern, Londres (2008) ; et Unbounded : New Art for a New Century au Newark Museum, New Jersey (2009). Son travail figure dans l’exposition itinérante Room for Justice présentée par Avocats Sans Frontières jusqu’en septembre 2010.

Ses publications comprennent Looking Aside (Editions Punctum, 2006), Messina/Musina (Editions Punctum, 2007) et The Hyena and Other Men (Prestel, 2007).

www.pieterhugo.com

 

 

Mikhael Subotzky – Beaufort West

Beaufort West est une petite ville au milieu du désert, coupée par la route nationale N1 à mi chemin entre Le Cap et Johannesburg, traversée tous les ans par des millions de voitures. Ici, comme dans la plupart des villes rurales d’Afrique du Sud, l’activité agricole a diminué considérablement d’une génération à l’autre et a donné lieu à un exode vers les grandes villes. Beaufort West est un endroit désolé, marqué fortement par le chômage, un taux de criminalité très

élevé. Ceux qui restent ou sont revenus ici, ont été rejetés partout ailleurs. En quittant le centreville, on découvre une particularité étonnante, une scène invraisemblable : une prison installée au milieu d’un giratoire (d’un rond-point).

Mikhael Subotzky après avoir réalisé plusieurs projets photographiques dans des prisons sudafricaines, décide de s’installer à Beaufort West pour en dresser le portrait. Entre 2006 et 2008, il y retourne régulièrement, il vit avec les gens, les rencontre, escorté par Major, un garçon très populaire en ville. Il s’intéresse particulièrement aux problématiques de marginalisation, d’incarcération, et de désillusion et réalise, à partir de là, un inventaire de la réalité sociale d’une

Afrique du Sud dans le contexte de l’après-apartheid.

 

Biographie

Mikhael Subotzky, 27 ans, est né au Cap en Afrique du Sud et est actuellement basé à Johannesburg. Il travaille comme photographe depuis qu’il s’est diplômé à l’Université du Cap en 2004. Son projet de diplôme, intitulé Die Vier Hoeke (Les Quatre Coins), consistait en une étude approfondie du système carcéral sud-africain. Son travail a été unanimement salué par la critique sud-africaine et internationale. Récemment, on lui a décerné le prix spécial du Jury aux Sixièmes

Rencontres Africaines de la Photographie à Bamako en 2005, l’Award for Concerned Photography F25 (organisé par Fabrica, Trévise et Forma, Milan), le prix du Jeune reporter de la ville de Perpignan en 2007, le prix KLM Paul Huf en 2007, le prix Infinity Award (Jeune Photographe) en 2008 et la bourse William Eugene Smith en 2008.

En 2005, Subotzky a approfondi son enquête sur la justice pénale en dirigeant des ateliers photographiques avec des détenus et en photographiant d’anciens détenus dans une série intitulée Umjiegwana (L’Extérieur). Son projet, portant sur la petite ville de Beaufort West dans le désert du Karoo, a été présenté au Cap, à Amsterdam, à Vérone et à New York (2007/2008).

Subotzky a tenu des expositions personnelles dans la prison de Pollsmoor (2005), à la Goodman Gallery (2006), à Constitution Hill (2006), à la Goodman Gallery du Cap (2007) et au FOAM (FotoMuseum à Amsterdam, 2007). Ses tirages sont conservés dans la collection permanente de la South African National Gallery (Le Cap), à la Johannesburg Art Gallery, au FOAM (Amsterdam) et au Museum of Modern Art (New York).

www.imagesby.com

 

 

 

Paolo Woods – Chinafrique

En 2007, Paolo Woods se met en route pour raconter l'aventure des Chinois à la conquête du continent africain.

A la recherche de matières premières convoitées - cuivre, uranium et bois - Pékin a envoyé ses compagnies et ses entrepreneurs les plus aventureux. 500.000 chinois émigrés en Afrique tentent leur chance pour faire fortune dans un continent que l’Occident jugeait juste bon à recevoir de l’aide humanitaire : certains gèrent de grands conglomérats – tandis que d’autres vendent des articles bon marché le long des routes des pays les plus pauvres du monde.

Accompagné du journaliste Serge Michel, Paolo Woods parcourt quinze pays, sillonnant tout le continent à la rencontre de ces deux mondes si différents, des forêts menacées du Congo aux karaokés du Nigeria, le long des pipelines du Soudan et des chemins de fer d'Angola, des hauts ministères des capitales aux campagnes sinistrées. Chinafrique nous parle aussi d’une ère révolue. Les Chinois n’ont rien des anciens colonisateurs – ils construisent des routes, des hôpitaux et des écoles. Pour les Africains, il s’agit d’un nouveau phénomène qui se veut ni démocratique ni transparent, une loi au-delà des régimes dictatoriaux. Les images de Chinafrique sont le portrait rare et surprenant d’une actualité et au-delà, le portrait condensé d’un monde globalisé.

 

Biographie

Paolo Woods est né de parents canadien et néerlandais, il a grandi en Italie et est à présent basé à Paris. Paolo Woods a dirigé un laboratoire et une galerie photo à Florence, en Italie, avant de se dédier à la photographie documentaire en 1998. Il se consacre à des projets à long terme mariant photographie documentaire et journalisme investigatif. En 2003, il produit avec les journalistes Serge Michel et Serge Enderlin, Un monde de Brut aux éditions Le Seuil (Paris). Prenant à bras le corps le sujet du pétrole, ce projet l’amène à travailler en Angola, en Russie, au Kazakhstan, au Texas et en Irak, entre autres. En 2004, toujours aux éditions Le Seuil et en collaboration avec Serge Michel, il publie American Chaos, un reportage détaillé de la débâcle occidentale en Afghanistan et en Irak. Ces deux livres ont également été publiés en Italie, et en portfolio dans les magazines de quinze pays. Son livre La Chinafrique a été publié en France et sera traduit en dix langues.

Ses photographies paraissent régulièrement dans Time, Newsweek, Stern, Le Monde, Geo et bien d’autres publications internationales. Des expositions personnelles lui ont été consacrées en France, en Italie, en Espagne, aux Pays-Bas

et en Autriche. Ses photographies figurent à la Bibliothèque Nationale de France, à la Collection de la FNAC et à la collection de Cheikh Saud al-Thani, au Qatar. Son travail lui a valu de nombreuses récompenses, il est notamment lauréat du World Press Photo pour son travail en Irak, ainsi que du Prix de journalisme ALSTOM et du GRIN Prize.

www.paolowoods.com


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