Le Gouvernement du Grand-Duché de Luxembourg - Ministère de la Culture
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OPL - Philippe Gaubert 2

Philippe Gaubert -  le chevalier et la damoiselle

 

Compositeur: Philippe Gaubert

 

Direction: Marc Soustrot

 

Interprètes: Orchestre philharmonique du Luxembourg

 

Producteur: OPL - Timpani

 

Editeur: OPL - Timpani

 

Pays: Luxembourg

 

Année: 2009

 

 

le chavalier et la damoiselle [73'18]

 

ACTE I

1- Prélude [4'24]

2- La princesse et ses pages [2'05]

3- La danse des biches [7'46]

4- Danse du chavalier [7'25]

5- Danse de la Princesse-biche [2'06]

6- Scène [1'43]

7- Scène d'amour [6'49]

 

ACTE II

8- Entracte (Prélude) [4'31]

9- Pastourelle [1'12]

10-Solitude de la Princesse [1'42]

11- Danse des paysans [4'14]

12- Entrés de la damoiselle et sa suite [1'46]

13- Dans moyenâgeuse [2'19]

14- Berger et berère [2'13]

15- Entrée du Chevalier masqué [3'04]

16- Danse du chavalier et des trois damoiseaux [2'10]

17- Premier combat [2'36]

18- Prière du Chavalier - Deuxième combat [5'16]

19- Troisième combat [2'55]

20- Danse du chavalier et de la Princesse [1'43]

21- Danse de la Princesse et des biches [1'56]

22- Le peuple est en fête [4'12]

 

Enregistré à Luxembourg, Villa Louvigny, 30 septembre/2 octobre 2009

Direction artistique: Alain Jacquon

Son et montage: Frédéric Briant

Mastering: Jean-Pierre Bouquet (L'autre studio)

Directeur de production: Stéphane Topakian

 

Informations complémentaires

 

Les interprètes

 

Orchestre Philharmonique du Luxembourg

C'est en 1996 qu'est créé l'Orchestre Philharmonique du Luxembourg, héritier du Symphonique de RTL. Tout en perpétuant sa tradition, il s'attache à s'imposer sur la scène internationale par ses spécificités. Dès le départ, le disque - avec un choix particulièrement audacieux du répertoire - accompagne et amplifie cette démarche, grâce notamment aux distinctions obtenues, dont, en 2002, un "Cannes Classical Award" décerné comme "disque de l'année" à l'enregistrement de Cydalise et le chèvre-pied de Pierné. Unanimement, la presse a salué en la matière l'action de l'Orchestre en faveur de la musique de notre temps, concrétisée par les intégrales en cours consacrées à Ohana et à Xenakis, ou des monographies d'œuvres de Klaus Huber, Ivo Malec, Hugues Dufour ou Sylvano Bussotti. Mais l'Orchestre a également diversifié son activité en enregistrant des opéras (Le Pays de Ropartz, Polyphème de Jean Cras, Sophie Arnould de Pierné), et en réalisant avec ses solistes des disques de musique de chambre (Martinu, Le Flem, Cras, Pierné, d'Indy). Après les directions successives de David Shallon et Bramwell Tovey, la nomination d'Emmanuel Krivine confirme la réputation internationale de l'Orchestre.

 

 

Marc Soustrot

Marc Soustrot est né au sein d'une famiIle musicienne, à Lyon, en 1949. Il a obtenu ses diplômes de piano, trombone, composition, musique de chambre et direction d'orchestre au Conservatoire de Lyon et au Conservatoire National Supérieur de Paris. Après avoir remporté le Premier prix aux concours internationaux pour chefs d'orchestre à Londres et à Besançon, il dirige, de 1976 à 1994 l'Orchestre Philharmonique des Pays de la Loire et assure la direction musicale des opéras de Nantes et d'Angers. Parallèlement il est invité à la tête d'orchestres comme le Symphonique de Bamberg, ceux de la NDR (Hambourg, Hanovre), les Philharmoniques de Munich, Dresde, Tokyo, Stockholm, Strasbourg, Luxembourg... Il est régulièrement l'hôte des opéras de Madrid, Séville, Genève, Bruxelles, Copenhague, Oslo. Ses activités à l'Orchestre Philharmonique des Pays de la Loire, puis à l'Orchestre de la Beethovenhalle de Bonn (1995- 2003) et enfin à la tête de l'Orchestre du Brabant, Eindhoven (1996-2006), ont permis à Marc Soustrot de construire un répertoire qui n'a pas son pareil parmi les chefs français. Ses programmes font la juste balance entre la musique contemporaine et la musique classique, avec la part belle faite aux ouvrages du répertoire français, y compris le moins connu. C'est ici son deuxième disque pour Timpani.

 

 

UN GRAND BALLET À LA FRANÇAISE

Harry Halbreich

 

Le 4 juillet 1941, Philippe Gaubert fêtait ses soixante-deux ans. Le lendemain, il assistait à son plus grand triomphe de compositeur avec la création de son nouveau ballet, ‘Le Chevalier et la Damoiselle’. Le plus grand et le dernier: trois jours plus tard, le 8 juillet, il succombait à une congestion cérébrale foudroyante. L'événement prit de stupeur ses proches, ses nombreux amis et tout le milieu musical, car rien ne laissait prévoir une fin aussi brutale, fauchant un homme dans la plénitude de ses moyens, une véritable force de la nature et qui n'avait jamais été malade. Il avait mené sans fatigue apparente une carrière multiple aux occupations écrasantes, et son intense activité de chef d'orchestre et de directeur musical de l'Opéra de Paris ne l'avait pas empêché d'accumuler un vaste catalogue d'œuvres de tous genres: il avait été autant et même d'avantage un compositeur qui dirigeait qu'un chef qui composait, comparable en cela à son aîné et collègue Gabriel Pierné, qui l'avait précédé moins de quatre ans avant dans la tombe. Certes la défaite de 1940 avait très gravement affecté ce Français fier de l'être, sans aucun chauvinisme, et il éprouvait la présence des soldats allemands comme tout à fait intolérable, au point d'interdire l'accès de sa loge de chef aux nombreux admirateurs qu'il comptait parmi eux. Au moment de l'occupation de Paris, il s'était replié, comme tout le personnel de l'Opéra, dans une ville qui s'était trouvée être par hasard Cahors, sa ville natale. C'est là que durant l'automne de 1940, dans une petite maison dépourvue de piano, il avait rédigé en quelques mois la vaste partition - une heure et quart de musique pour grand orchestre - qui devait demeurer son testament artistique. Fruit de sa deuxième collaboration avec Serge Lifar, directeur de la danse à l'Opéra, l'œuvre remporta d'emblée un succès retentissant, tant auprès du public (il y eut plus de cent représentations) que d'une presse unanimement élogieuse, avec un compte-rendu particulièrement enthousiaste d'Arthur Honegger. Son précédent ballet composé pour Lifar, Alexandre le Grand (1937), puisant largement dans la musique d'une œuvre symphonique plus ancienne, les fastueuses Inscriptions pour les portes de la ville (1934), présentait des vertus plutôt décoratives. Mais l'œuvre nouvelle, comme s'il avait pressenti qu'elle serait la dernière, laissait surtout parler son cœur. Et, sans aucun doute, du cœur et de la générosité, cet homme les prodiguait sans mesure, de la même manière que ce fin gourmet et amateur de bons vins mordait à pleines dents dans la pomme de la vie. Si ses succès faisaient inévitablement des envieux, on ne lui connaissait guère d'ennemis. Cependant une ombre semble avoir plané sur les dernières heures de son existence, et son épouse se souvient l'avoir entendu marcher de long en large durant la nuit précédent sa mort. On retrouva, froissé, un compte-rendu de Serge Lifar destiné à la presse, et où celui-ci, parlant sans cesse de "son" ballet, ne mentionnait même pas le nom du compositeur, protagoniste pourtant irremplaçable de cette commune réussite. Et l'attitude narcissique et égocentrique de Lifar demeura la même durant les mois qui suivirent. Gaubert n'eut heureusement plus l'occasion d'en être durablement affecté. L'affiche de la création avait été somptueuse, mettant pleinement en valeur ce chef-d'œuvre. Sur scène, dans les décors très remarqués de Cassandre, à la fois sobres et riches: le choréauteur et Solange Schwartz dans les deux rôles-titres, et Yvette Chauviré dans celui de la Noble Dame (elle prendra celui de la Damoiselle dans les nombreuses reprises ultérieures). Louis Fourestier dirigeait l'orchestre, laissant au compositeur la Liberté de jouir de son œuvre. Si au lendemain de la disparition de Gaubert, il y eut de nombreuses exécutions en concert de fragments symphoniques de la partition, regroupés en deux Suites, l'ouvrage, comme trop d'autres de cette époque, tomba dans l'oubli lors de la brutale volte-face des années d'après-guerre en faveur de la nouvelle esthétique sérielle,  alors abusivement taxée d'avant-garde. Avec la distanciation salutaire d'un grand demi-siècle, le temps a rétabli de plus justes perspectives, de sorte que voici enfin le premier enregistrement de cet admirable partition, s'inscrivant dans la vaste mise en valeur de l'œuvre de Philippe Gaubert entreprise par Timpani, et dont une première publication a déjà permis de redécouvrir ces merveilles que sont la Symphonie, le Concert en fa et les Chants de la mer.

Le Chevalier et la Damoiselle s'inscrit dans la lignée des grands ballets symphoniques français, inauguré dès 1882, avec toute une génération d'avance, par la Namouna de Lalo, et jalonnée ensuite par Daphnis et Chloé (Ravel), Cydalise et le chèvre-pied (Pierné), Bacchus et Ariane (Roussel), Oriane et le Prince  d'amour (Florent Schmitt), sans compter les chefs-d'œuvres plus brefs comme Jeux ou La Péri, pour aboutir à un nouveau sommet, un an seulement après le ballet de Gaubert: Les Animaux modèles de Francis Poulenc. Ce sont là toutes des partitions conciliant parfaitement les exigences de la danse et de la scène avec celles d'un véritable style symphonique, synthèse éminemment française et dont la source remonte jusqu'à Rameau. Ainsi que nous le verrons, l'action nous ramène à un Moyen-Age de légende et certaines séquences musicales cherchent à retrouver un climat médiéval. Or la musicologie de l'époque en la  matière n'était pas encore sortie de l'érudition des livres spécialisés, faute de tout document sonore enregistré - ceux-ci ne commencèrent à apparaître que bien après la guerre, - de sorte que le Moyen-Age de fantaisie de la partition de Gaubert (tout comme celui de la Jeanne d'Arc au bûcher d'Honegger) s'apparente plutôt à la musique de la Renaissance et n'est pas sans rappeler certaines musiques de films de l'époque, telle celle, célèbre, des Visiteurs du soir de Marcel Carné, due à Maurice Thiriet.

 


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